L'absence

L'absence d'un gugusse aux commandes de sa vie se caractérise principalement par l'absence de doutes à ce sujet. Il n'y a pas quelqu'un qui sache qu'il n'y a personne; et pourtant c'est évident. C'est l'absence de ce qui n'a jamais existé. Comme un mirage, un arc-en-ciel ou le Père Noël !

 

Et cette reconnaissance n'exige aucun effort. Elle est directe, spontanée. Et cela ne signifie pas que Sébastien ait disparu du paysage pour autant. Il tient toujours le rôle principal de ce film imaginaire intitulé « Me, myself and I ».

 

Oui, Sébastien est la star incontestée d'une superproduction hollywoodienne au budget pharaonique. Et je pèse mes mots. Huit milliards apparents de figurants et l'Univers insondable comme terrain de jeu. Qui dit mieux ?!!

 

Cette absence n'est pas une expérience. On ne peut pas faire l'experience de l'absence d'un caillou dans la chaussure. Alors comment expliquer, l'inexplicable ? Ce n'est pas possible, désolé. Mais on peut toujours essayer.

 

Puisque l'Univers fait office de décor, appuyons-nous là-dessus. Je vais utiliser l'analogie du trou noir pour tenter de mettre des mots sur l'inexprimable. Je ne suis pas spécialiste en physique mais de ce que j'ai compris, on ne peut pas voir un trou noir, mais on peut le détecter par les effets qu'il produit sur son environnement. Je pourrais appliquer la même image à l'absence de « moi » qui a certaines effluves particulières comme une paix qui dépasse l'entendement, une légèreté, une liberté inconditionnelle et un émerveillement spontané; même au supermarché. Tout est sublimé !

 

Ce n'est donc pas l'annihilation de Sébastien, mais au contraire sa libération; même si il n'y a personne pour être libéré. Un peu comme si après avoir débordée loin de ses rives, la rivière retrouvait son lit originel. Une vie plus naturelle en somme, débarrassé de ses carcans inutiles.

 

Et qu'on se comprenne bien, ça n'empêche en rien la douleur, le malheur, le deuil, la tristesse et toute la gamme des émotions. Au contraire. Non retenu, tout circule plus librement. Quand j'écris « tout est sublimé », c'est la joie et la peine. La santé et la maladie. La zénitude et la colère. Mais ce n'est pas vécu comme un problème ou une erreur à corriger. Néanmoins, si je me casse le bras, je vais à l'hôpital, tout comme l'animal panse ses plaies suite à une blessure. 

 

Ainsi, personne n'écrit ses lignes. Personne ne les lit.

 

Et pourtant, écriture, lecture.

 

Waouh !!

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