Le sens de la Vie ?

 

L'accroche est aguicheuse, j'en conviens aisément, mais jusqu'à preuve du contraire, cela reste le moyen le plus efficace pour attirer le chaland dans ses filets. N'ayant pas la prétention de pouvoir répondre à une telle interrogation, je prends donc le risque de vous décevoir d'emblée en revoyant mes ambitions à la baisse. Focalisons-nous plutôt sur « le sens de MA vie ». Ce qui est encore le sujet que je maîtrise le mieux.

 

Et au risque de vous décevoir une seconde fois, je me dois d'avouer que j'ai renoncé à me poser la question. Ceci pour la simple et bonne raison que je ne crois pas qu'elle en est un, de sens, ma vie. Alors pas de panique, tout va bien. Est-ce si important au final ? Ne pourrait-on pas faire les choses gratuitement, uniquement pour la joie et le plaisir que cela procure ?

 

« Je ne fais pas les choses pour aboutir, je fais les choses parce qu'elle disent qui je suis ».

 

Ça n'est pas de moi mais je concoure à 100%. Tout ce que j'entreprends actuellement n'est pas orienté dans le sens d'obtenir quelque chose ou d'accomplir quelques réalisations que ce soit mais simplement pour exprimer qui je suis et plus important encore, qui j'ai envie d'être.

 

Dimanche de Pâques, je me suis levé, ai mangé un reste de tarte aux fruits et bu un café. Le temps était radieux, l'humeur nomade et l'appel de la nature irrésistible. Mû par cette force invisible, à 7h30, j'ai chaussé mes baskets, emporté un peu d'eau, deux-trois fruits secs et suis parti courir au bord de l'eau. Le plus loin possible jusqu'à ressentir un peu de lassitude et puis j'ai fait demi tour. Trois heures après mon départ, je savourais le délice d'une douche délassante et le réconfort d'une légère collation avant de retrouver quelques membres de ma famille pour un repas joyeux et convivial.

 

Voilà, aucune ambition dans cette matinée, aucun sens à dénicher. Juste une expression de qui je suis. Je suis celui qui aime courir de bon matin en nature et même en ville. Cela vous paraîtra peut être étrange mais je me trouve beau quand je cours. Et je ne parle pas de l'aspect physique. Plus étrange encore peut être, je suis en amour avec moi-même quand je cours. Le corps, l'âme, l'esprit, tout le monde se réjouit d'être là, invité à la fête. Dès lors pourquoi m'en priver ?

 

Je suis également celui qui a écrit un livre sur mon itinérance sur le Chemin de Compostelle car j'ai à cœur d'être un modeste passeur et de transmettre un peu de la magie du Chemin. Je suis aussi celui qui aime prendre soin de lui. En priorité. Et oui, tant qu'à faire, je vais me gêner. Mais je suis aussi celui qui aime prendre soin des autres. Non pas parce que c'est « bien » de le faire, que c'est moralement justifié ou je ne sais quoi sous-tendant un vieux relent de culpabilité mais juste parce que ça me rend heureux d'être ainsi. Je suis autant celui qui aime boire des coups avec ses amis, manger, partager, échanger, rire, lire mais de même glander, buller, procrastiner, s'isoler, s'affranchir des contraintes, voir venir, et tant d'autres choses encore.

 

Pour conclure et synthétiser parce que sinon je vais digresser, je suis celui qui cherche la joie dans tous les recoins de la vie avec la même ferveur que les enfants cherchent les œufs de Pâques dans le jardin. Ça ne répond pas à la question mais c'est mon dernier mot Jean-Pierre. Je plaide donc coupable votre honneur. Non seulement n'ai-je pas répondu à l'interrogation initiale mais ai-je eu le culot d'affirmer que cette interrogation est nulle et non avenue. Ça va bien fidéliser le lecteur ça.

 

7 milliards d'êtres humains, 7 milliards de vérités. Ceci est l'expression de la mienne. Et c'est celle du moment. La loi de l'impermanence étant la seule loi permanente, cette vérité va inévitablement évoluer.

 

Pourquoi pas !