Être suffit

Alors que je courais ce matin, que le jour peinait à faire refluer la nuit, et que le brouillard occupait tout l'espace, m'est venue la pensée suivante :  « j'aime bien cette ambiance ».

Et puis, a suivi dans la foulée :  « comme j'ai aimé également, hier soir, en déambulant dans les rues, la douceur du moment qui rappelait celle du printemps ».

J'apprécie aussi les frimas de l'hiver, la torpeur de l'été et la mélancolie de l'automne.

Et là, ça m'a frappé comme une évidence, une épiphanie.

En fait, ce que j'aime vraiment, c'est ... être !

 

 

Être, sans rien ajouter derrière.  « Je suis » suffit à mon bonheur.

Je suis, et je sais que je suis.

Quel cadeau merveilleux.

Quelle expérience de dingue.

Aussi évident que cela soit, je ne l'avais jamais réalisé auparavant.

Comme il est aisé de passer à côté de la joie pure, profonde et simple d'être.

C'est tellement fin, tellement subtil que l'on perçoit à peine cette Présence qui jamais ne nous quitte.

Le monde est trop bruyant pour cela.

Comme l'enfant timide qui n'ose s'exprimer face à ses camarades turbulents.

Cela demande de s'éloigner de l'agitation pour « l'entendre » véritablement.

Cette Présence que nous sommes, Carlos Castaneda la décrit mieux que je ne pourrais jamais le faire.

 

 « J'ai perdu ma forme humaine, je me suis dépouillé de toutes mes carapaces, ou de la plupart d'entre elles.

Je me sens détaché de tout, libre de toute influence.

Il ne reste en moi aucune rancœur avouée ou inavouée contre quiconque.

Je ne ressens pourtant ni indifférence négative, ni négligence en face de l'action.

Il ne s'agit pas non plus d'une solitude désespérante, ou même d'un désir de rester seul.

C'est plutôt un sentiment inconnu de désintéressement, la capacité de me plonger dans l'instant et de n'avoir aucune pensée que ce fût pour le reste.

Les actes des gens ne me touchent plus, car je n'espère plus rien de l'avenir.

Une paix étrange est devenue la force souveraine de ma vie. »

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Commentaires: 2
  • #1

    Renaudin Jean-Côme (mercredi, 03 avril 2024 17:33)

    Merci Sébastien, tout est dit dans une belle fluidité �
    Laisser descendre cette Conscience de ce JE SUIS au fin fond de nos cellules, de nos atomes, de tout ce qui est.
    Ou laisser émerger du fin fond de nos cellules, de nos atomes, de tout ce qui est ce Je Suis qui est la substance même de tout...

  • #2

    Sébastien Sauleau (mercredi, 03 avril 2024 17:59)

    Merci Jean-Côme pour ce retour. :-)