Je vais parler ici de l'amour humain, celui qui est conditionné, l'amour romantique.
Celui où on se raconte des histoires.
Pas de l'Amour, avec un A majuscule, dont je goûte parfois la saveur, mais trop peu pour trouver les mots pour le décrire avec précision.
Quand deux êtres se rencontrent et entrent en relation, l'aventure, la danse commence.
Et si cette danse révèle la présence de l'amour, alors la relation devient le terreau idéal pour passer de l'ombre à la lumière.
Cela ne signifie pas que c'est un chemin de roses.
Mais peut-être bien que si car les roses ont des épines.
J'ai la conviction – à défaut d'un mot plus convaincant – que notre nature profonde est l'Amour.
L'Amour inconditionnel.
Mais au travers de ce corps humain viennent s'agglomérer des mécanismes de défense, des conditionnements et autres traumatismes hérités de cette vie ou de bien avant.
Je ne connais rien au « bien avant » mais je veux bien y accorder du crédit.
Ainsi, le mouvement naturel est le retour à la maison, ce qui signifie la libération de tous ces agglomérats.
C'est là où l'amour humain ne suffit pas.
Cela demande beaucoup plus que cela.
Cela demande un engagement total.
Un dévouement démesuré.
Une honnêteté sans faille.
Cela demande d'avoir le courage d'affronter ses peurs et ses démons.
Plonger dans sa noirceur la plus abyssale pour y amener la lumière de la Conscience.
Sans jugement, sans culpabilité.
Voici ce qui se passe dans une relation « consciente ».
Par amour, l'être aimé vient appuyer là où c'est faible, comme l'abeille vient piquer les zones de fragilité pour les réparer.
Et en retour, toujours par amour, je te pique à mon tour.
Comprendre que ce n'est jamais personnel, que ce sont les souffrances qui s'expriment, et que si le soit-disant autre appuie sur mes boutons et génère de l'inconfort, ce n'est pas de la malveillance mais l'amour à l'œuvre.
Dans un premier temps, on peut être aveugle à ce mouvement.
On s'attaque, on se blesse, et on panse nos plaies.
Mais si chacun prend le temps de regarder après coup ce qui s'est joué, va voir au tréfonds de soi de quoi il en retourne, s'accueille à cet endroit, s'aime à cet endroit, alors on peut se retrouver, faire le débrief, refaire le match, et mettre ces automatismes au rebut.
Parfois une fois ne suffit pas.
Souvent une fois ne suffit pas.
Cela peut donner l'impression que c'est un puits sans fond mais ça n'est pas le cas.
Car arrive le moment où ça se cristallise, et tout un pan de douleurs profondes s'effondre, et s'évanouit dans le néant, soulevant un nuage de légèreté.
C'est un cadeau de pouvoir être là pour l'autre pour l'aider à transcender ses souffrances, et recevoir en miroir son soutien pour aider à transcender les miennes.
On chemine ensemble, on se libère ensemble.
Parfois c'est trop dur, et on n'y arrive plus.
Alors pour se préserver, on dit « stop, touche terre, je ne joue plus ».
Ce n'est pas un échec, juste le torrent de la vie qui se sépare en deux pour prendre des trajectoires différentes.
Et parfois les deux rivières se rejoignent en aval et reprennent le fil de leur histoire commune.
Pour qui ? Pourquoi ?
Nul ne le sait.
Ce qui est sûr, c'est qu'on ne se baigne jamais deux fois dans la même rivière.
Je change en permanence, tu changes en permanence.
Les vœux d'être ensemble se renouvellent donc à chaque instant.
Rien n'est figé, rien n'est acquis.
Être en amour avec l'autre, c'est accepter cette liberté totale.
L'amour ne tolère pas l'enfermement.
L'amour ne suffit pas, mais sans amour, je n'y vais pas.
J'ai embrassé le célibat plus que je ne l'aurais souhaité.
Je ne le regrette pas.
Je le referai sans hésiter.
Ne trouvant pas de conclusion digne de ce nom, remettons-nous en à une citation :
« La réponse est l'Amour. Quelle est la question ? »
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